L’abbaye de Beauport à Paimpol

Aujourd’hui, je continue de vous montrer mes découvertes des vacances de l’année dernière.

Et surtout, aujourd’hui, je vous embarque dans la visite que j’ai préférée.

J’en ai pris plein les yeux, j’ai de plus en plus envie de découvrir des monuments, les photographier et surtout, apprendre leur histoire.

J’ai eu la chance d’arriver juste au début d’une visite guidée pour l’abbaye, j’ai pris des notes, beaucoup de notes. Je vais donc essayer de vous partager un peu de l’histoire de l’abbaye de Beauport.

Si vous passez par là, ne vous contentez pas de l’extérieur (comme je l’avais fait la première fois), c’est un endroit qui mérite d’être visité. Il y a en plus à l’intérieur, une représentation interactive de l’époque du Moyen-âge avec la vie des Chanoine que l’on peut suivre à travers l’abbaye.

Au Moyen-âge, l’abbaye était habitée par des Chanoine, ils étaient une quinzaine, une vingtaine au maximum.

Ils ont été chassés au 18e siècle avec la Révolution, l’abbaye a été fermée et divisée en lots et venduse à trois familles de Paimpol.

Les bâtiments ont été transformés en étables puis en salpêtrière, puis en ferme. Ensuite, il y a eu l’école du village (des garçons), au-dessus de l’école, on trouvait la mairie. De l’autre côté, des appartements bourgeois loués à l’année et une cidrerie.

L’abbaye a été classée monument historique en 1862, grâce aux propriétaires de l’époque : Mélanie Morand et son mari le comte Poninski (je vous en reparle plus loin, ils sont importants dans l’histoire de ce site).

En 1992, le domaine et l’abbaye sont acquis par le Conservatoire du Littoral qui va travailler en étroite collaboration avec la ville de Paimpol et surtout, il reçoit le soutien de nombreux partenaires, comme le département des Côtes d’Armor qui assure la gestion du site à ses côtés. Ils vont réaliser vingt ans de travaux avec le département qui était en charge des actions de conservation du monument historique.

Allons maintenant explorer l’abbaye de Beauport…

Le cloître

Le cloître était le chemin de prière des Chanoines, aujourd’hui, il a presque disparu, il ne reste qu’un petit bout. C’est en quelque sorte, le rond-point de l’abbaye.

Il sépare l’église ( qui représente la spiritualité) du reste : la cuisine, le réfectoire, le cellier.

La Salle Capitulaire / Salle du Chapitre

C’était la salle dans laquelle se tenait les réunions. C’était surtout la seule pièce dans laquelle les Chanoines étaient autorisés à parler quand l’Abbé donnait la parole.

Une fois par jour, les Chanoines récitaient une règle monastique.

L’église de l’abbaye de Beauport

L’église était bien sûr un lieu de prière et ce pendant 500 ans. Les Chanoines allaient y prier sept fois par jour. Un escalier menait même directement au dortoir.

L’église était en forme de croix latine, elle mesure cinquante mètres de long et vingt mètres de large.

Elle a été totalement modifiée au 17e siècle.

La toiture de l’église a été détruite par une tempête à la fin du 19ème siècle.

C’est à cette époque que l’abbaye a été rachetée par Mélanie Morand et son mari le comte Poninski.

Elle est passionnée par le Romantisme du 19e siècle qui, à l’époque prône la nature (qui reprend ses droits) et les sentiments humains : la mélancolie et la nostalgie. Les ruines médiévales de l’Abbaye étaient donc parfaitement adaptées.

Ils ont introduit des Hortensias (venant d’Asie), ils ont bougé des cailloux. Les pierres tombales ont été bougées. Des tombes du moyen-âge, celles du Seigneur de Kergosou et de son épouse.

Les tombes auraient dû être sur le bas-côté de l’église ou au cimetière. Mais elles ont été mises devant l’arche gothique. Mise en scène du 19e Siècle, rien à voir avec l’abbaye des Chanoines.

Le tombeau de Mélanie Morand a été fait en piochant dans les pierres de l’abbaye.

D’autres photos de cette belle église bien emblématique du lieu.

La salle au duc

Cette pièce est une salle qu’on ne retrouve pas normalement dans une abbaye.

Des fouilles ont été faites en 1998, des fours à métaux ont été découverts ainsi que des forges, datant du 13e siècle au 15e siècle.

Après le 15e siècle, la salle a été reconstruite pour faire une salle d’apparat. Il y a également deux grosses cheminées, ce qui est contraire à la vie monastique.

C’est une salle qui recevait des invités de prestige. Une abbaye reste un lieu politique, l’Abbé est l’équivalent d’un Seigneur. Il rend la justice (un pilori a même été retrouvé).

Tout ce qui concerne cette salle n’est qu’hypothèse, il n’y a pas de trace de la salle dans les archives avant 1628.

À la fin du 19e siècle et jusqu’à 1980, cette salle était une cidrerie. Aujourd’hui, c’est une salle de spectacle.

Le réfectoire et la cuisine

C’est à cet endroit que les moines mangeaient en silence. Le lieu était ouvert et clos par des prières, le repas est à la fois physique et spirituel.

Le jardin clos

Au moyen-âge, le domaine à les pieds dans l’eau, c’est un marais littoral.

À partir du 17e siècle, il y a une politique d’assèchement des zones humides. Ce n’était pas constructible et pas cultivable.

Cet assèchement est une grosse erreur, les marécages sont des éponges qui évitent les inondations et les sécheresses, c’est en plus, une réserve de biodiversité.

Ce sont des jardins à la Française, ils sont très géométriques et bien taillés. Il ne reste rien aujourd’hui, sauf les allées rectilignes et l’entrée majestueuse.

Aujourd’hui, le verger du conservatoire de l’abbaye, on y retrouve 60 variétés de pommes. 80 % de variété endémiques.

C’est un jardin écoresponsable, sans pesticide et avec une fauche tardive. Il y a simplement un désherbage du lierre et de la valériane des murailles pour protéger les murs.

Il y a également des nichoirs dans les murs refaits devant la baie dans les années 1990. Plein d’oiseaux nichent dans la salle au duc, et même dans l’église.

L’abbaye de Beauport à l’heure actuelle

L’abbaye est laissée en l’état pour valoriser le patrimoine.

Il y a juste de la restauration, de l’entretien courant. Pas de changement, juste de la sécurisation au niveau des murs, du re maçonnage et désherbage.

On se balade encore un peu ?

À bientôt pour de nouvelles aventures. Kenavo…


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